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PEKOPEKO et autres chroniques sur la faim

A Ojiisan

Autour du thème du repas, j’ai souhaité explorer les limites entre l’objet céramique fonctionnel et expressif. Le repas octroie un rôle fondamental à la céramique depuis des millénaires, celui de contenir nos aliments, et se constitue comme un rituel quotidien prétexte aux rassemblements. L’heure du repas représente une trêve : se nourrir non seulement de denrées, mais également de conversations, de regards, de réflexions dans une perspective de renouvellement. Du contenant au contenu un glissement s’opère et nous autorise à transgresser la réalité quotidienne par le biais de notre imaginaire. C’est à partir de cette définition du repas que j’ai réalisé une installation réunissant des assiettes fonctionnelles et non-fonctionnelles (contenants) et des objets expressifs figuratifs et abstraits (contenus). Certains objets expressifs font concrètement partie de certaines assiettes tandis que d’autres s’en détachent pour devenir des pièces sculpturales à part entière. Ces objets sont issus aussi bien de mon quotidien que du folklore suisse et japonais auquel je suis sensible en raison de mes origines. Il s’agit d’une invitation à un repas dont le menu serait composé entre autres d’une assiette dont la forme se déclinerait comme une conversation, des rapports de textures, des couleurs, d’une assiette d’où une vache tenterait de se dégager, d’une assiette d’où un poisson émergerait… Un repas dont le but ne serait pas de dénoncer notre quotidien à travers l’un de nos rituels les plus codifiés, mais plutôt d’en faire l’éloge. Ce travail m’a permis de me confronter à des questions d’ordre technique et esthétique ainsi que de m’interroger sur ma propre démarche artistique. L’installation se compose comme une ode à l’appétit – l’envie de manger, l’envie de créer, de partager, de vivre – et dont l’assouvissement se déroule dans un temps qui nous est inconnu.